Critique « Ozark » Saisons 1 à 3

La famille Byrde quitte Chicago pour s’installer dans la station balnéaire des monts Ozarks au coeur du Missouri pour blanchir 500 millions de dollars d’un gros cartel de la drogue mexicain. « Ozark » a été lancé en juillet 2017 sur Netflix et compte à ce jour trois saisons de 10 épisodes. La série est reconduite pour une ultime saison 4, qui sera proposée en deux parties de 7 épisodes.

Voici mon avis sur les trois saisons de « Ozark » (sans spoilers).

(Saison 1) Cette série portée par Jason Bateman et Laura Linney a souvent été décrite comme le « Breaking Bad » de Netflix. Il y a sans doute un peu de vrai dedans même si « Ozark » en reste aussi très différente : c’est loin d’être une pâle copie. Bien au contraire : la série possède sa propre identité grâce à son unité de lieu dans la communauté balnéaire du lac d’Ozark. Pas étonnant que la série ait remporté le prix du « Meilleur lieu de tournage pour une série contemporaine » aux « Location Managers Guild Awards » (!).

Une plongée dans l’Amérique profonde donc, faite de petits bouleaux, de business et d’investissement pour blanchir 500 millions de dollars. Cette première saison est une des meilleures séries Netflix que j’ai pu voir, aux côtés de « Stranger Things », « Mindhunter » et « The Crown ».

(Saison 2) Dans sa deuxième saison, la durée des épisodes de « Ozark » (tous d’une heure) commence sérieusement à se faire ressentir. La trame de la saison, l’ouverture d’un casino, tire véritablement en longueur et quelques intrigues secondaires cassent un rythme déjà très lent et étiré. Voilà une série qui gagnerait à resserrer ses épisodes au format 45 minutes !

La série se débarasse facilement de nombreux personnages dont on ne sait plus quoi faire : une telle accumulation de cadavres dans la communauté de Ozark commence sérieusement à faire louche et à rendre peu crédible l’ensemble. Les subterfuges pour se sortir de situations inextricables commencent à être un peu lassant : le FBI a beau arrêter les Byrde ou déterrer des cadavres, il y a toujours une pirouette pour rétablir le statut-quo.

L’évolution constante du personnage de Ruth Langmore est bien le point positif de cette deuxième saison, seul personnage à ne pas faire quasiment que du sur-place. Son interprète, Julia Garner, a d’ailleurs remporté le prix de la « Meilleure actrice pour un deuxième rôle dans une série dramatique » pour sa performance dans cette deuxième saison aux derniers Emmy Awards en 2019.

(Saison 3) Le niveau est relevé dans la saison 3 de « Ozark », aussi bien côté réalisation que scénario. Après une saison 2 un peu laborieuse, cette saison voit la montée en puissance réussie de Wendy dans sa confrontation avec Helen, tandis que le personnage de Marty semble un peu mis en retrait dans une intrigue plus classique et de sa relation avec un agent du FBI. Le personnage de Ruth continue de s’affirmer, dans la lignée de la deuxième saison.

L’intrigue de Ben, le frère de Wendy, me semble un peu parachutée et son inclusion pas très naturelle. La conclusion à laquelle aboutit son intrigue (les dernières secondes du final) aurait certainement pu être apportée d’une autre manière, sans cette pièce rapportée et en utilisant ce qui avait déjà été construit dans la série. De ce fait, ça me donne un peu l’impression que la série a voulu gagner du temps en temporisant sur le casino et le cartel pour faire avancer ses personnages avec une histoire qui tombe du ciel.

Quoi qu’il en soit, la scène finale de la saison 3 remet la série sur les rails, et c’est bien normal puisque la quatrième saison sera la dernière et qu’il va falloir conclure. « Ozark » confirme avec ses trois saisons qu’elle reste une des meilleures séries originales Netflix produites.

Retrouvez la position de « Ozark » dans mon classement des séries vues en 2020 dans cet article.



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